Forces Spéciales...d'où viennent les SAS du 1er RPIMa ?!

Le Special Air Service (SAS) est une unité de forces spéciales des forces armées britanniques, créée en 1941 par le lieutenant David Stirling avec des volontaires britanniques. Cette unité s'est fait connaître pendant la Seconde Guerre mondiale pour des raids menés derrière les lignes allemandes en Afrique du Nord. Dissoute après la guerre, l'unité a été recréée au Royaume-Uni dans les années 1950. Elle est considérée comme l'une des références mondiales en matière de forces spéciales et d'unité de contre-terrorisme.

En 1941, pendant la guerre des Britanniques contre les forces armées italiennes et l'Afrika Korps commandé par Erwin Rommel en Afrique du Nord, un jeune lieutenant écossais propose de former une nouvelle unité destinée à frapper l'ennemi sur ses bases arrières (aérodromes et ravitaillement, entre autres). Constituée de petites unités de commandos, elle ferait preuve d'agilité et de précision. Au départ, ce projet ne fait guère l'unanimité au sein de l'état-major. Le peu d'hommes demandés, la détermination de David Stirling et de son adjoint Paddy Mayne et l'appui du futur maréchal Archibald Wavell viennent à bout des dernières réticences.
 
La Special Air Service Brigade s'installe donc sur la base de Kabrit, sur les bords du canal de Suez et est constituée d'une soixantaine d'hommes qui forment le L Detachment. Après des raids menés en collaboration avec le Long Range Desert Group commandé par le futur général David Lloyd Owen, où les hommes du SAS font sauter des avions sur les aérodromes italiens et allemands (24 avions à Tamet le 14 décembre 1941, 37 avions le 20…), le haut commandement britannique applique à plus grande échelle l'idée de Stirling, et commence à réfléchir sérieusement à l'utilisation de ce nouvel atout. Chaque raid effectué permet de mettre hors d'état de nuire plus de 20 appareils et d'endommager les aérodromes plus efficacement que les bombardiers, avec un moindre coût en hommes (en comptant tout de même les pertes évidentes dues à l'ennemi et au désert.
 
Très tôt après avoir commencé ses opérations, Stirling se rendit compte que les hommes dont il aurait besoin devraient être formés aux actions commandos. Mais il disposait de peu de temps et prit des hommes qui avaient déjà une formation avancée. En Égypte, il y avait des parachutistes français, trop peu nombreux pour remplir des missions, mais qui ne demandaient qu'à participer à l'effort commun et qui avaient déjà participé à des opérations de destruction en France, comme celle de la centrale de Pessac (mai 1941). Stirling demanda donc à ses supérieurs que ces Français lui soient rattachés. Cette unité de Français libres ne dépendant pas du commandement britannique, Stirling prit sur lui de demander directement au général de Gaulle la « permission » de lui emprunter ces quelques hommes. Au début, de Gaulle refusa qu'une seule partie de ses troupes soit placée sous commandement direct d'un officier britannique dans une unité britannique. Selon les témoins, Stirling, furieux, aurait dit en anglais : « Il est aussi têtu qu'un officier anglais ! ». De Gaulle, comprenant alors que celui-ci était écossais, aurait fait volte-face et lui aurait souhaité bonne chance pour la suite des opérations. (Pourtant la politique de De Gaulle n'était pas anglophobe mais consistait à vouloir démontrer que la France continuait le combat par elle-même, sans être une légion aux ordres des Alliés)
 
En janvier 1942, la 1re compagnie de chasseurs parachutistes du capitaine Georges Bergé est envoyée à Kabrit. À la recherche de parachutistes pour renforcer sa brigade, Stirling intègre les Français libres, qui forment le French Squadron du SAS ; les premiers sticks français ou franco-britanniques sont engagés dès fin mai 1942. Un raid est mené contre l'aérodrome de Candie-Héraklion en Crête, dans la nuit du 13 au 14 juin 1942 par un commando de 6 hommes, conduit en Crête en sous-marin, légèrement équipé (colt 45, poignard, compas et vingt bombes Lewis chacun). Ils détruisent 22 avions de la base aérienne allemande. Le lendemain, le chasseur parachutiste Pierre Léostic (17 ans) est abattu par les Allemands, le lieutenant Costas Pétrakis et le capitaine Lord Jellicoe réchappent de l'opération, le commandant Bergé, le caporal Jacques Mouhot et le chasseur parachutiste Jack Sibard sont arrêtés.
 
Devant les attaques du SAS, des gardes sont placés sur les aérodromes pour protéger les avions, empêchant les hommes du SAS de poser leurs bombes. Aussi Stirling équipe-t-il la brigade de jeeps munies de 3 à 5 mitrailleuses chacune, avec lesquelles il lance des attaques surprises qui leur permettent d'avoir momentanément une puissance de feu supérieure à l'ennemi et de détruire les avions, avant de s'enfuir dans le désert. À Sidi Hanneisch (juillet 1942), 18 jeeps détruisent une trentaine de Heinkel 111.
 
Malgré l'échec du raid contre le port de Benghasi (les forces impliquées étaient trop nombreuses selon les critères SAS) et la capture de son chef lors d'une mission en Tunisie, le SAS gagne le droit de continuer le combat sur le front européen après le débarquement des Britanniques et des Américains en Afrique du Nord. De plus, même si Bergé fut capturé peu de temps après Stirling, et que les SAS d'Afrique du Nord furent décimés, l'idée d'un corps cosmopolite était acquise.
 
Lors de la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945, il n'y avait plus que 22 membres français des SAS survivants sur les 215 SAS français engagés avant le 8 novembre 1942 (qui dépendaient des FAFL), soit 90 % de pertes. La SAS Brigade, malgré la capture du lieutenant-colonel Stirling, forme un corps intégré dans les plans de l'état-major. L'unité, placée sous les ordres du général de brigade Roddy Mc Leod, compte désormais quatre régiments et une compagnie. Les SAS ont fait la preuve de leur efficacité et ils sont connus de l'état-major allemand. Hitler avait lui-même émis un ordre, fin 1942, afin que tous les commandos qui tombaient entre les mains de ses soldats soient considérés comme des espions et fusillés séance tenante .
 
La brigade est alors formée de deux régiments britanniques :
le 1er régiment de SAS aux ordres de Paddy Mayne
le 2e régiment de SAS aux ordres du (futur) colonel Brian Franks.
Elle comprend également des régiments étrangers
le 3e régiment de SAS (3e RCP) (Français) sous le commandement du capitaine Pierre Château-Jobert alias « Conan »
le 4e régiment de SAS (2e RCP) (Français) sous le commandement du commandant Pierre-Louis Bourgoin
le 5e régiment de SAS (Belge) sous le commandement du capitaine Eddy Blondeel.
 
Chaque régiment comprend 40 sticks (groupes de 10 hommes). La brigade SAS est employée sur le front européen dès le débarquement pour des missions d'ordre stratégique. Ainsi, parmi les premières troupes alliées de l'opération Overlord, 36 Français libres du 4e SAS sont parachutés le 6 juin vers 00h30 en Bretagne ( les premiers français a toucher le sol de France lors du débarquement, ndvjc ) afin de harceler les moyens de communication et empêcher des renforts allemands d'atteindre la tête de pont en Normandie. De même, toujours dans la nuit du 5 juin, des sticks du 1st SAS sont largués dans le Morvan dans le cadre de la mission Houndsworth et dans la Vienne (mission Bulbasket). Dans les semaines qui suivent, les autres régiments sont déployés en France derrière les lignes ennemies afin de harceler les Allemands en retraite après les débarquements en Normandie et en Provence.
Il y a 3 mémorials SAS en Europe ,
-Plumelec (Morbihan)
-Assen (Pays Bas)
-Sennecey le Grand (Saone et Loire)

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, quatre sticks de 9 hommes sont parachutés en Bretagne. Les lieutenants Marienne et Déplante, largués dans les landes de Lanvaux ont pour mission de préparer la base Dingson. Le stick Marienne est largué à 00h45 (heure alliée) près du hameau du Halliguen et il est attaqué peu après son arrivée au sol. L’équipe radio est capturé tandis que le caporal Emile Bouétard est achevé par l’ennemi vers 1h30. Il est le premier soldat français a trouvé la mort dans le cadre de l’opération Overlord. Dans le même temps, les sticks des lieutenants Botella et Deschamps sont parachutés près de Locarn dans les Côtes-du-Nord et ils ont en charge la préparation de la base Samwest. (le caporal Émile Bouétard, originaire de Pleudihen du stick Marienne, fut parachuté dans le secteur de Plumelec. Blessé à l'épaule lors d'un accrochage peu après avoir touché le sol de France, il est capturé par les soldats Russes engagés dans la Wehrmacht (les Ostruppen), ainsi que les trois radios du stick. Le Caporal Emile Bouétard fut achevé d'une balle dans la tête peu avant minuit dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. ndvjc )

Dans la nuit du 7 au 8 juin, dans le cadre de la mission Cooney-Parties, dix-huit groupes de sabotage formés de 3 à 5 hommes sont disséminés sur la Bretagne afin de couper les voies de communication avant de rejoindre la base dont ils dépendent. A partir de la nuit du 9 au 10 juin, les éléments du 4th SAS sont parachutés en renfort sur les bases Samwest et Dingson. Les parachutistes assurent alors l’instruction et l’armement des maquisards avant de participer début août à la libération de la Bretagne. Fin août, l’unité reçoit des jeeps armées et d’autres véhicules dont quelques camionnettes pick-up Bedford. Dans le cadre de la mission Spenser, les SAS français rejoignent les bords de Loire et s’installent à Briare. Pendant un mois, ils montent des embuscades et attaquent les convois ennemis qui retraitent vers le nord-est. Début octobre, le 2e RCP part au repos en Champagne et s’installe à Montmirail et Esternay. Le 11 novembre 1944, l’unité est faite Compagnon de la Libération par le général de Gaulle.

Fin novembre, le commandant Pierre Puech-Samson prend le commandement du 4e SAS. Tandis que les hommes se préparent à fêter Noël, ils sont soudain placés en état d’alerte et le 24 décembre au matin, ils prennent la direction de Sedan puis des Ardennes belges. Les SAS atteignent Bertrix le 25 décembre et sont chaleureusement accueillis par les habitants. Dans des conditions climatiques difficiles, les parachutistes français lancent des patrouilles pour situer les lignes ennemies. Le 12 janvier, le peloton du sous-lieutenant Raufast libère Saint-Hubert puis les hommes poursuivent leur progression vers Houffalize, Limerlé et Steinbach avant de pénétrer au Luxembourg. Dans le cadre de la mission Amherst, les 3e et 4 SAS sont parachutés dans la nuit du 7 au 8 avril 1945 dans la province de Drenthe en Hollande afin d’harceler les unités ennemies et faciliter la progression de la 1re Armée canadienne.

Après un passage par la Grande-Bretagne, les SAS français rejoignent la base de Château Bougon près de Nantes. Peu à peu, les hommes sont démobilisés. En juillet 1945 est constituée la 24° Division Aéroportée avec des unités para existantes et certaines unités de choc de la 1°Armée et autres unité non TAP. En août 1945, la 24°DA reçoit le 1°RCP à Avord, les 2 et 3° RCP à Nantes, le 4°RIA de type SAS à Quiberon ainsi que le dépôt de unités para de Lannion.(encore éléments de l'Armée de l'Air). Les unités sont réduites à cause de la fin de la guerre, le 3°RCP est dissous et son personnel est intégré au 2°RCP ainsi que les restes du 4°RIA, l'unité commandée par le lieutenant-colonel de Bollardière. Passé à l'Armée de Terre, le 2°RCP prend ses quartiers à Tarbes. Le 1°RCP qui a aussi perdu du personnel prend ses quartiers à Pau et à Bayonne en septembre de la même année.

Le 1° octobre est créé le COITAP (le centre d'organisation et d'instruction des troupes aéroportées) qui est destiné à recevoir à Mont de Marsan les personnels volontaires pour les TAP, sous les ordres du Général Bonjour de la 24e DAP. Le 2 octobre 1945 défilent à Tarbes les 2°RCP et 1°RCP. Au cours de cette fraternelle prise d'armes, le brigadier Calvert, commandant la SAS Brigade, remet officiellement le commandement des régiments SAS français au général Bonjour, les fanions SAS au colonel de Bollardière et les 2° et 3°RCP reçoivent les chapeaux de Napoléon et de Wellington. ( Chapeaux qui sont toujours dans la salle d'honneur du 1er RPIMa, ndvjc ).

Le 2e RCP est dissout le 30 septembre 1946, ses effectifs sont ventilés entre le 1er RCP et le 1er RICAP tandis que son drapeau est confié à la demie brigade SAS d'Indochine ( Qui deviendra le 1er RPIMa et conservera les décorations du 2e RCP). Dirigé sur l'Extrême-Orient il débarque à Colombo fin mai 1945. De 700 environ ses effectifs vont passer à plus de 1 000 grâce à l'apport du commando PONCHARDIER composé d'officiers, d'officiers mariniers et de personnels de l'aéronavale. Viendra s'y adjoindre également le commando Conus, unité d'une trentaine d'hommes, portant le nom de son chef, grand chasseur en AEF, qui suit en Indochine le général Leclerc et, sur une boutade de celui-ci, crée son propre commando recruté par ses soins parmi des volontaires de toutes origines et de tous grades.

A la fin du premier semestre 1948, l'organisation des parachutistes coloniaux présente sa forme presque définitive. Une demi-brigade est définitivement stationnée en métropole, la 1ere DBCCP et détient le drapeau du 2ème RCP (SAS) et une autre demi-brigade est définitivement stationnée en Indochine avec le drapeau du 5ème RIC. Le déclenchement des opérations en Algérie va modifier le dispositif. Les bataillons deviennent régiments, mais leur nombre se réduit. La Demi-brigade Coloniale Parachutiste est dissoute et vient s'installer à Bayonne où elle donne naissance à une brigade parachutiste coloniale créée le 20 janvier 1956 au sein de la 25ème DP.

Le 1er novembre 1960, le 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine est créé à Bayonne. Il est l'unité d'instruction des engagés parachutistes. Avec la professionnalisation des régiments parachutistes, ceux-ci prennent en main la formation de leur personnel. Le 1er RPIMa mute en s'orientant vers le renseignement et l'action. En 1976 est créé le Groupement Opérationnel (GO) comptant environ 180 officiers, sous-officiers et militaires du rang qui est employé par le service Action du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE, services spéciaux français). Il participe notamment à l'opération Caban (renversement de Bokassa en Centrafrique en 1979). Le GO est dissous en 1981 par François Mitterand.

Le 1er RPIMa se recentre sur des missions moins secrètes, en regroupant les détachements d'assistance opérationnelle et militaire (DAO et DAMI) qui assistent des forces alliées notamment en Afrique. Il se spécialise en fournissant des unités de recherche de corps d'armée (URCA) aux corps d'armée puis devenu unité de recherche humaine (URH). Pendant la guerre du Golfe (1991), le 1er RPIMa encadre un groupement de commandos de renseignement et d'action dans la profondeur fournis par les régiments de la 11e division parachutiste qui est affecté à la division Daguet. En 1992, le 1er RPIMa est affecté pour emploi au commandement des opérations spéciales nouvellement créé ( première mission officielle, ORYX Somalie, premier combat des PAT-SAS contre les technicals, ndvjc ). En 1997, il quitte la 11e division parachutiste pour intégrer le Groupement Spécial Autonome qui est devenu en 2002, la Brigade des forces spéciales terre. Depuis cette date, le régiment participera aux différentes opérations menées par le COS et l'armée française. Le 1er RPIMa régiment des Forces Spéciales françaises est l'héritier des parachutistes SAS de la France libre et d'Indochine...Il en a d'ailleurs gardé la devise, la même que les SAS britanniques " Who Dares Wins "  Qui Ose Gagne .

Depuis la fin du GO à nos jours, le 1er RPIMa déplore la mort en mission et opérations extérieures de quatorze de ses SAS ( Liban, Comores, Irak, burundi, afghanistan, Côte d'Ivoire, tchad/Soudan, Mali) et de dizaines de bléssés...Ils sillonnent l'enfer des étendues désertiques du Timétrine, se battent au corps à corps dans les chaos rocheux de l'adrar du Tigharghar, ou donnent l'assaut sur des campements djihadistes dans la fournaise d'Afrique ou les brumes du Levant et extraient des otages dans des métropoles africaines. Ils sont largués de nuit en parachute à des hauteurs que tutoient les avions de ligne, s'infiltrent en tout petit nombre dans les terrains les plus hostiles, frappent avec précision des cibles de hautes valeurs qui ont fait l'objet de phases de recherche de renseignement et de récupération qui ont durés des semaines, des mois , voire des années parfois. Puis ils disparaissent dans la nuit noire pour être récupérés plus loin, plus tard. Ils font cela pour leur pays et par goût du risque également...On comprend mieux la citation du colonel Sir Archibald David Stirling créateur des SAS « le régiment c'est l'homme et l'homme c'est le régiment »...Qui Ose Gagne !